mardi 12 février 2013

Meyerowitz, photographe de la couleur

Joel Meyerowitz, une rétrospective
Exposition à la Maison européenne de la photographie dans le Marais
Jusqu'au 7 avril 2013.
 
Cette exposition se présente comme un résumé, à la fois très intéressant et très beau, de la carrière de ce photographe américain contemporain, dont le nom reste associé à la photo couleur.
 
La présentation commence avec les premières oeuvres en noir et blanc datant des années 1960, des portraits et des scènes de rue à New-York. L'apparition de la couleur sonne comme une explosion qui d'un coup ferait apparaître de nouvelles perspectives. Il m'a semblé en effet que les sujets étaient alors cadrés de plus en plus large, ce qui donne une multitude de personnages, comme indépendants les uns des autres, mais composant au final un même tableau. Pour le spectateur, ça donne tout un tas de choses à regarder, ce qui va à merveille avec l'opulence new-yorkaise.
  
Paris
 




En 1966 et 1967, Meyerowitz voyage en Europe: Malaga, Paris, mais aussi la Turquie et l'Allemagne. Ce qu'il saisit de Paris apparaît vraiment juste: ce n'est pas un regard de touriste.









A partir de 1974, la couleur est pleinement assumée.
L'exposition présente de vastes vues de New-York, saturées de sollicitations visuelles: la somme des individus qui crée la foule, les pancartes publicitaires omniprésentes... Parallèlement à cela, des photos de Saint-Louis dans le Missouri, sans personnage ou presque, semblent représenter le vide, l'abandon et une certaine forme de désolation, avec de grandes lignes très géométriques: les horizontales des larges avenues désertes et les verticales des grands immeubles.
 
New-York
 
Theresa St. Saint-Louis, 1977

















Viennent ensuite mes oeuvres préférées: des paysages au crépuscule, mettant en scène avec virtuosité des jeux subtils et multiples entre la lumière naturelle de la fin du jour et les illuminations humaines (les réverbères, les néons, l'éclairage d'une cabine téléphonique, celui d'une voiture aux portes ouvertes.) Ces clichés illustrent pour moi certaines des contradictions des États-Unis. D'un côté, un continent neuf et sauvage avec des ciels immenses, des terres en bord de mer balayées par le vent. De l'autre, les artifices d'un univers à la fois cheap et séduisant, avec ses néons criards, qui semblent ne servir à rien mais qui dessinent un autre paysage.




 


 Après une série de portraits que j'ai trouvés plus communs et une intéressante installation de quatre photos prises entre 2002 et 2012 et intitulées Les éléments, l'exposition se clôt sur des images réalisées en 2001 sur les ruines du World Trade Center. Mélangeant le métal, les hommes de chantier et les gravas, elles sont d'une rare intensité dramatique, comme des scènes qu'on ne parviendrait à comprendre, quand bien même on les aurait sous les yeux encore et encore.

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