mardi 5 mars 2013

Acrobates

Acrobates est un spectacle de cirque de Stéphane Ricordel et Olivier Meyrou.
Avec Alexandre Fournier et Matias Pilet.
Créé au Monfort théâtre dans le 15ème arrondissement, du 22 février au 2 mars.
PROLONGATIONS du 24 septembre au 19 octobre 2013.




S'il faut parler de ce spectacle construit autour d'un duo d'acrobates, ce que j'ai envie de dire dès le début, c'est qu'il m'a très profondément bouleversée par sa force poétique et son authentique émotion.
Acrobates commence par ce que l'on perçoit d'habitude comme la fin de l'histoire: la fameuse chute, l'accident. Que fait alors un acrobate quand son corps ne répond plus ? Est-il d'ailleurs toujours un acrobate ?

Le spectacle évoque la mémoire de Fabrice Champion, acrobate devenu tétraplégique suite à un accident de trapèze. Ce jeune homme s'est beaucoup interrogé sur son rapport à lui-même et au monde suite à ce drame personnel. Il a continué à pratiquer l'acrobatie envers et contre les évidences, en inventant de nouvelles voies. Parti à la recherche de son identité profonde en Amérique du Sud, il est mort suite à l'ingestion d'un hallucinogène local.
Profondément meurtris par sa disparition, ses amis ont créés ce moment de cirque, réminiscences de l'ami, plus comme un tribut que comme un hommage.
Avec les acrobates Alexandre Fournier et Matias Pilet, Fabrice Champion avait travaillé à un projet lui permettant d'être, de rester lui aussi un acrobate. Les répétitions ont été filmées par le cinéaste Olivier Meyrou, qui a longtemps suivi Fabrice Champion et qui en a tiré un documentaire, où l'on voit l'artiste travailler, s'exprimer, faire part de ses doutes et de ses espoirs.
Le spectacle présenté au Monfort s'articule autour d'extraits visuels et / ou sonores du documentaire et autour de la danse acrobatique de Fournier et de Pilet.
 
Tous ces éléments, je les ai découverts après la représentation, en lisant la plaquette ainsi qu'un excellent article de Libé signé Édouard Launet. Mais Acrobates peut tout-à-fait s'apprécier sans connaître a priori l'histoire qui a présidé à sa création. Ce n'est pas le pathos  du drame humain qui en fait la puissance, c'est réellement la traduction artistique qui en est proposée.
 
 
 
 
 
Cette expression d'une quête, celle de son identité, de sa liberté, est portée avec maestria par Alexandre Fournier et Matias Pilet, qui conjuguent acrobaties de haut vol (avec cette fluidité et cette facilité apparente qui signent les très grands) et danse somptueuse.
Il ressort de leur duo un sentiment de fraternité d'une parfaite émotion; quand la vie même tient à la main de l'autre, difficile de tricher. Bravo !
 
 
 
 
 
 
Si vous avez manqué ce spectacle, vous savez ce que vous devez absolument aller voir cet automne.

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