mardi 14 mai 2013

Les tentations d'Aliocha

Les tentations d'Aliocha
Pièce d'après Les frères Karamazov de Dostoïevski

Traduction: André Markowicz
Mise en scène: Guy Delamotte
Adaptation: Véro Dahuron et Guy Delamotte
Décor: Jean Haas
Vidéo: Laurent Rojol
Avec: Véro Dahuron, Catherine Vinatier, David Jeanne-Comello, Anthony Laignel, Gilles Masson et Timo Torikka

Au Théâtre de l'Aquarium, La Cartoucherie
jusqu'au 24 mai 

 

D'après ce que j'ai pu lire dans différentes critiques, l'ambition est grande de vouloir adapter à la scène cette longue œuvre de Dostoïevski, qui aborde de nombreux aspects, tant sur le plan de la narration (multiplicité des intrigues: histoires d'amour, de meurtre...) que sur celui des préoccupations philosophiques (caractérisation du mal, culpabilité, salut...) Je n'ai pas lu le livre de Dostoïevski. J'ai essayé la littérature russe dans les années 1990 lorsque j'étais étudiante; les volumes me tombaient des mains. Un ami m'avait dit de mettre de côté mes ouvrages à 10 francs ou couverts de la poussière des solderies, m'avait expliqué que longtemps les Russes avaient été affreusement mal traduits en français, mais que de toutes nouvelles traductions permettaient de les redécouvrir sous un jour nouveau. Je ne sais s'il avait raison, mais le fait est que je ne suis jamais retournée vers les auteurs russes. A tort certainement. Je n'ai donc pas lu Les frères Karamazov. Et pour suivre cette adaptation de Véro Dahuron et de Guy Delamotte, c'est un vrai problème: on peine à comprendre. Selon moi, et c'est une chose que l'on ressent sans même avoir lu le roman, l'adaptation pêche par absence réelle de choix: à trop vouloir tout faire tenir dans le format théâtral, l'ensemble devient trop souvent abscons. Même le titre, Les tentations d'Aliocha, n’annonce pas la couleur. Si le projet initial était de centrer la pièce sur le plus jeune des frères Karamazov, on voit clairement que les auteurs se sont laissés déborder par le texte, diluant le propos de façon plutôt indigeste.

Le décor est, une fois encore à l'Aquarium, dans des dominantes de blanc, de noir et de gris, avec une lumière très très chiche. De tous les théâtres parisiens, celui-ci doit avoir les factures d'électricité les plus basses ! C'est bon pour la planète. C'est moins bon pour le théâtre.
Par contre - et heureusement ! - l'utilisation de la vidéo est très réussie, diffusant une ambiance pesante, mélancolique et poétique tout à la fois. Les comédiens ont été filmés en Russie. La figure du père n'apparaît que sur l'écran, de même que celle de Lisa, la jeune amoureuse d'Aliocha; malheureusement, lors de la représentation, je n'ai pas compris qui elle était... Pour moi, cet usage inventif et riche de sens de la vidéo est le seul point fort de la pièce.


 

David Jeanne-Comello, dans le rôle d'Aliocha, subtil et profond, m'a convaincue. Peut-être du fait de la mise en scène, j'ai trouvé les autres comédiens cantonnés à des postures caricaturales, des monologues longs, tellement longs, où l'acteur crie et gesticule. Je ne pensais pas que l'on pouvait encore jouer ainsi en 2013...

Tous ces éléments combinés font que malgré quelques moments de réelle intensité, le spectateur s'ennuie beaucoup durant les deux heures et demie que dure la pièce. Le propos  n'est pas clair non plus. Quoi ? Aliocha découvre que le ciel est vide ? Et alors, ça intéresse vraiment quelqu'un ? A aucun moment il ne questionne son humanité. Quel dommage !

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