samedi 18 mai 2013

Rendez-Vous musical au Palais de Tokyo

Ce vendredi soir au Palais de Tokyo, Le Rendez-Vous de France Culture était en effet placé sous le signe de la musique.
 
 
Mais comme à l'accoutumée, commençons par le journal de la culture.
La Nuit des musées, manifestation européenne, a lieu ce samedi 18 mai dans 1300 musées en France. C'est une première participation pour Le Louvre Lens, qui bénéficie depuis son ouverture d'une fréquentation spectaculaire, à l'image de l'ensemble des musées français en 2012. Nouveau directeur du Louvre, Jean-Louis Martinez souhaite une démocratisation culturelle, qui passe par une ouverture sur les régions françaises et par l'accueil d'un public familial. Du fait de l'installation du Louvre Lens, la région connaît déjà un besoin nouveau en terme d'hôtellerie: un quatre étoiles devrait ouvrir bientôt...
 
 
Continuons avec les brèves.
Faute de moyens, l'expérience du Centre Pompidou mobile va s'arrêter.
En réunion avec les ministres de la culture européens, Aurélie Filippitti a plaidé pour l'exception culturelle.
En plein Festival, des bijoux Chopard ont été dérobés dans un hôtel à Cannes. Heureusement, il ne s'agit pas de la Palme d'Or, fournie par la célèbre maison de joaillerie.
David Legg, un paléontologue anglais, a découvert en Colombie britannique un fossile marin avec de longues pinces. Il l'a baptisé Kooteninchela deppi. "Kooteninchela" fait référence au lieu de découverte du fossile et au terme latin signifiant bras. Mais pourquoi "deppi" ? Parce que notre scientifique britannique est un grand fan de Johnny Depp: la bestiole en question ressemblerait d'après lui au personnage incarné par l'acteur dans Edward aux mains d'argent...
 
 
 
Rokia Traoré était la première invitée de l'émission pour son cinquième album intitulé Beautiful Africa.
La musicienne vit au Mali, où elle anime une fondation qui aide les artistes de Bamako qui peinent à vivre de leur art.
Cette autodidacte de la guitare, qui n'a pas de formation en musique, mélange les instruments traditionnels maliens, les cordes de la musique occidentale et les guitares électriques. Les chansons de ce cinquième album sont en différentes langues, notamment le français, l'anglais et le bambara, ce qui permet d'exploiter les subtilités propres à chacune. Rokia Traoré explique ainsi que le mot "mélancolie" n'existe pas en bambara: dans cette langue, tristesse et solitude ne peuvent absolument pas avoir une connotation agréable.
Elle a interprété Ka Moun Ké, qui est la chanson la plus légère de l'album, s'adressant à l'être aimé. Les premiers mots signifient "Que puis-je pour toi mon amour..." La voix est fantastique; elle véhicule une immense émotion.

 
 
 
Mais l'album est également hanté par le conflit malien. La chanson Beautiful Africa est en prise directe avec l'actualité malienne d'août 2012: elle a été écrite à cette période et ajoutée à l'album au dernier moment.
 
 
 
La chronique de Thomas Clerc portait cette semaine sur le tout nouveau quotidien L'Opinion, qui a tout juste trois jours. Un nouveau journal, ça se fête ! Celui-ci est plutôt maigre, il n'a que 12 pages et lorgne semble-t-il sur la maquette du Monde. Thomas Clerc a de grandes réserves concernant le titre: il n'aime pas le mot "opinion": "ça traîne un peu partout l'opinion..."
Pour le contenu, "c'est plus PIB que Pays-Bas", plus libéral que François Hollande, qui y est semble-t-il moqué, mais "avec une courtoisie appréciable."
Thomas Clerc trouve que certains titres on ne peut plus sérieux ne manquent pas d'une "certaine poésie économique." Il signale au passage qu'il collectionne les "alexandrins de presse" et qu'il est toujours preneur de beaux spécimens.
Enfin, le journal semble entretenir le culte de de Gaulle, avec notamment une chronique d'Alexandre Jardin. Tout le monde, moi la première, s'est copieusement moqué de ce brave Alexandre Jardin.
Enfin, selon moi, avec ce nouveau canard, la réaction aura de quoi bouquiner, c'est déjà ça !
 
 
 
 
Le second invité de ce Rendez-Vous était Gilles Leroy pour son livre Nina Simone, roman.
J'avais déjà entendu parler de ce roman dans l'émission de France Inter Cosmopolitaine, fort intéressante, et je l'ai repéré mercredi dernier à la librairie Le Divan.
Gilles Leroy a reçu le prix Goncourt en 2007 pour Alabama song; c'est donc le deuxième Prix Goncourt qu'il n'est donné de voir en chair et en os. Inspirée par Thomas Clerc, je vais peut-être me lancer dans une collection de "Prix Goncourt en vrai"...
Plus sérieusement, l'auteur s'est consacré cette fois à un ouvrage sur l'immense Nina Simone. Il se dit attiré depuis l'enfance par les États-Unis, un peu comme un tropisme. Nina Simone était "un être à éclipses"; Gilles Leroy a donc choisi d'écrire un roman en trois parties, avec surtout des chapitres très courts.
Durant les dernières années de sa vie, la chanteuse a vécu dans une très grande solitude dans sa villa du Sud, entourée des requins qu'étaient les managers et les producteurs. L'auteur a choisi de lui créer quelqu'un d'innocent à qui parler, le personnage de Ricardo, homme à tout faire philippin. La parole de Simone passe donc par ce personnage extérieur.
Maniaco-dépressive, abusant de l'alcool, Nina Simone était imprévisible et excessive: "pas bi-polaire, multi-polaire !" Elle avait eu des rapports difficiles avec sa mère. Elle-même fit quatre fausses couches et eut une fille dont elle ne s'occupa pas. Un jour en interview, elle dit avoir fait cinq fausses couches, alors que sa fille était bien vivante à New-York. Le lendemain, retrouvant ses esprits, il était cependant trop tard pour rectifier...
Ce roman semble en effet passionnant. L'auteur l'a dédié à son amie Marie N'Diaye.
 
 
Une très belle émission ce vendredi, un très beau moment...

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