jeudi 22 août 2013

Le léopard des Batignolles

Le léopard des Batignolles
 
Claude Izner, 2005.
 
Collection Grands Détectives chez 10-18,
dirigée par Jean-Claude Zylberstein.
 
 
La collection Grands Détectives de 10-18 doit constituer une sorte de bible pour les insomniaques, car les enquêtes palpitantes font défiler les heures nocturnes même si elles n'aident pas à trouver le sommeil.
Les différentes séries nous font en effet voyager dans le monde entier et à toutes les époques, en suivant les pas de détectives, parfois professionnels mais souvent amateurs, qui nous plongent dans leur environnement quotidien. Comme dans toute collection, la qualité est bien sûr inégale, mais  pour ma part, j'apprécie beaucoup ces romans captivants.
 
Je ne connaissais pas cette série de Claude Izner, qui met en scène les enquêtes du libraire Victor Legris dans le Paris effervescent de la fin du XIXème siècle.
Cet opus se déroule en 1893, 22 ans après la Commune de Paris. Plusieurs crimes étranges semblent être signés par un non moins étrange "léopard." Quand le corps d'un relieur de leurs amis est découvert dans son atelier carbonisé, Legris et son commis Joseph se lancent  dans l'enquête. De filatures en bicyclettes en interrogatoires devant les étalages des Halles, ils en viendront à évoquer les souvenirs douloureux et les rancœurs de la semaine sanglante de mai 1871.
 
Souvent, dans ces séries littéraires, on s'attache beaucoup aux personnages. Cette fois-ci, ça n'a pas été le cas pour moi. Les histoires d'amour, les états d'âme et les philosophies de vie clef en main de Victor Legris et de toute sa petite famille m'ont plutôt ennuyée. Je n'y ai pas cru et pour tout dire, les personnages m'ont paru plutôt anachroniques.
Mais j'ai beaucoup aimé l'intrigue policière très bien ficelée, riche en rebondissements haletants mais réalistes, qui m'ont gardée éveillée tard dans la nuit malgré la fatigue d'une journée passée à la plage.
Et plus que tout, l'évocation des heures noires de la répression après l'écrasement de la Commune m'a beaucoup plu, car c'est un sujet dont on parle malheureusement trop peu et qui est souvent comme gommé de l'histoire parisienne. Et les auteurs - Claude Izner est en effet le pseudonyme de deux sœurs qui écrivent ensemble - rendent à merveille les cicatrices laissées par cette année 1871 sur le Paris fin de siècle, souvent associé à la fête et à l'insouciance.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire