samedi 24 août 2013

Saint-Sauveur-le-Vicomte & Barbey d'Aurevilly

Saint-Sauveur-le-Vicomte est un charmant petit bourg de la Manche, où l'on peut flâner aux abords d'un très joli château, qu'il est également possible de visiter.
C'est la ville natale de l'écrivain Jules Barbey d'Aurevilly, connu principalement pour son recueil de nouvelles Les diaboliques. Ce dandy monarchiste, bien que décédé à Paris, y est aussi inhumé.


Le "logis Robessart",
imposant logis-porte permettant d'accéder à la haute cour du château.
 
 
L'origine du château de Saint-Sauveur-le-Vicomte remonte au Xème siècle, au moment où le Cotentin est intégré dans le Duché de Normandie. Les maîtres de cette baronnie obtiennent alors le titre de vicomtes, preuve de la considération dont ils jouissaient auprès des premiers ducs de Normandie. C'est de là que vient l'appellation de Saint-Sauveur-le-Vicomte.
 
 
La herse du logis-porte.

Durant la minorité de Guillaume le Conquérant, Néel II, le vicomte de l'époque, fait partie des barons insurgés contre le jeune maître du Duché. En 1047, les rebelles sont défaits. Néel II finit par revenir en grâce auprès de Guillaume et fonde en 1067 l'abbaye bénédictine voisine du château. 
 
 
La tour sud, dite au XVème siècle "tour d'Aillet".
Elle abrite deux étages d'habitations munis de fenêtres à banquettes.
En 1214, la grande famille aristocratique Harcourt entre en possession de la baronnie de Saint-Sauveur.
Geoffroy d'Harcourt est armé chevalier en 1326 et participe aux guerres de Flandre, durant lesquelles ils remporte de beaux succès. A son retour, il souhaite épouser une riche héritière de la région, mais elle lui préfère le fils du Sire de Bricquebec, une baronnie voisine. Pour se venger, Geoffroy entame une guerre privée contre son rival, mais il risque ce faisant un bannissement du royaume.
Nous sommes à ce moment-là aux débuts de la guerre de cent ans et Harcourt se réfugie auprès du roi d'Angleterre, qu'il incite à débarquer en Normandie. L'armée dirigée par Edouard III en personne arrive à Saint-Vaast-la-Hougue le 12 juillet 1346, ravage le Cotentin et poursuit son périple jusqu'à la bataille de Crécy, durant laquelle périssent côté français le fils du Sire de Bricquebec et Jean Harcourt, le frère de Geoffroy.
Repentant, Harcout implore le pardon du roi de France, Philippe de Valois, qui lui accorde sa grâce et le charge de la défense de la Basse-Normandie.
Mais cette obéissance ne dure qu'un temps; afin de rétablir l'indépendance normande, Geoffroy s'allie à Charles de Navarre, ennemi du roi de France.
Le turbulent vicomte trouve la mort en novembre 1356 lors d'une escarmouche militaire.
 
 
La tour nord, dite parfois le "vieux donjon".
  
La tour nord.
Geoffroy d'Harcout a légué la baronnie de Saint-Sauveur-le-Vicomte au roi d'Angleterre Edouard III.
Au cours des années qui suivent son décès, la forteresse abrite donc une armée anglaise qui met la région à feu et à sang.
En 1375, le roi de France reprend le château à l'issue de l'un des premiers sièges d'artillerie de l'histoire militaire française.
 
 
  
 
 
 
 
Le donjon du XIVème siècle.
Son plan rectangulaire à contrefort reproduit le modèle des tours maîtresses
construites par les ducs de Normandie à l'époque romane.
Son architecture offre ainsi l'expression symbolique d'une idéologie
visant à affirmer l'autonomie de la Normandie et son attachement à l'Angleterre.
 
  
Le donjon du XIVème siècle.
Le plan rectangulaire constitue une solution pratique,
permettant de conjuguer fonctions militaires et usage résidentiel.
 
 
 
En 1682, le château est devenu vétuste. Louis XIV ordonne l'établissement d'un hospice et d'une prison.
 
 
En juin 1944, lors du débarquement allié, plusieurs bombes américaines atteignent la forteresse et détruisent une partie de l'enceinte et du bâtiment d'entrée.
 
 
  
 
 
 
 
 
 
"Le château de Saint-Sauveur-le-Vicomte est constitué de deux enceintes successives, délimitant une haute et une basse cour.
Cet ensemble, jadis augmenté d'une troisième enceinte protégeant le bas du bourg, est représentatif de l'architecture militaire de l'époque de la guerre de cent ans. Le chantier fut probablement entrepris par Geoffroy d'Harcourt, qui obtint en 1346 l'autorisation de rebâtir son château, détruit peu auparavant par ordre du roi. La construction est achevée durant l'occupation anglaise, entre 1356 et 1375. Endommagé lors du siège de 1375, l'édifice, restauré par le roi Charles V, a fait l'objet de divers aménagements dans le courant du XVème siècle."
 
Le donjon du XIVème siècle.
L'accès se faisait initialement par un escalier extérieur
menant à la porte du premier étage.

 

 
 
 




















Le donjon du XIVème siècle.
Les pièces d'habitation sont éclairées
par de hautes fenêtres à banquettes de pierre.
 
 
Ce 15 août, il y avait fête médiévale au château, avec une impressionnante volerie d'aigles.
 
Hibou Grand Duc Européen
Bubo bubo.


Buse de Harris
Parabuteo unicinctus.




 
Barbey d'Aurevilly
par Auguste Rodin,
1909.
 
 
A côté du château, le cimetière de l'ancien hospice abrite la tombe de Barbey d'Aurevilly.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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