jeudi 3 octobre 2013

Jaurès / Vincent Dieutre

Jaurès

Documentaire de Vincent Dieutre.
France, 2012.
Avec Vincent Dieutre et Éva Truffaut.

C'est en traînant un peu par hasard sur le site de replay d'Arte que j'ai découvert le film Jaurès de Vincent Dieutre. J'ai commencé à le regarder parce que j'ai travaillé à Jaurès il y a quelques années et que tout simplement, j'avais envie de voir ce que le réalisateur montrait du quartier.
J'ai été bouleversée par cette magnifique histoire d'amour racontée sur le mode de la conversation. L'amour se niche dans un quartier au périmètre finalement tout petit et, comme toutes les grandes histoires selon moi, celle-ci permet pleinement à ses protagonistes de s'ouvrir sur le monde qui les entoure, en l’occurrence sur celui qui souffre juste en bas de l'immeuble.
Je me suis souvenue que les mois passés dans ce quartier n'étaient pas, loin s'en faut, les plus gais de mon existence. Je ne vais presque plus jamais à Jaurès maintenant...
Que vous connaissiez ou non Jaurès, le film ne manquera pas de faire remonter vos propres souvenirs.
A voir pendant quelques jours encore sur le site d'Arte: précipitez-vous !




"Dans un auditorium de mixage, Éva Truffaut regarde les images filmées à Jaurès et questionne Vincent Dieutre qui se tient derrière un micro. Ensemble, ces "témoins" vont revivre la relation entre le réalisateur et Simon, sans doute l'homme qu'il a le plus aimé, mais vont aussi commenter la vie quotidienne qui s'organise tant bien que mal dans le camp de réfugiés afghans. D'abord de nuit, la caméra de Dieutre enregistre la vie de la fenêtre de l'appartement de Simon: les immeubles, les quais du canal Saint-Martin, le métro aérien, les voitures, un artiste travaillant dans son atelier. Il s'attarde sur les réfugiés afghans qui campent au bord du canal, scrutant leur vie quotidienne.
Bonheur précaire
Sur ces images, le son off de sa vie avec Simon que l'on ne voit jamais et les bruits du quotidien: le "cling" du micro-ondes, la douche, la radio, de courts dialogues. Il y a aussi une petite mélodie d'amour au piano, répétée par Simon dans son salon, qui deviendra la musique du film. Éva demande au réalisateur de commenter les images, et l'interroge sur sa rencontre avec Simon dans la back-room d'une boîte homo. D'une voix posée, Vincent Dieutre déroule son histoire éphémère avec cet homme : leur rendez-vous chaque soir dans l'appartement de Jaurès, leur sexualité intense, le métier de Simon dans l'humanitaire, son activisme auprès des réfugiés, sa beauté, sa vie familiale avec sa femme et ses enfants, son désir de normalité, son attachement aux valeurs chrétiennes... "Un bonheur précaire" que Vincent ne retrouvera plus jamais. Sur l'écran, vient s'inscrire l'annonce officielle par Éric Besson du démantèlement du camp afghan, et le placement de ses occupants dans des centres d'accueil. Un film bouleversant."
ARTE 

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