dimanche 2 février 2014

Un château en Italie

Un château en Italie



Réalisation: Valeria Bruni-Tedeschi
France, 2013


Avec: Valeria Bruni-Tedeschi, Louis Garrel, Filippo Timi, Marisa Borini, Xavier Beauvois, Céline Sallette...








Avec Un château en Italie, Valeria Bruni-Tedeschi poursuit la chronique plus ou moins romancée de sa vie et de ses névroses familiales, brillamment entamée en 2003 avec Il est plus facile pour un chameau... Alors disons-le tout net, Un château en Italie n'atteint malheureusement jamais l'équilibre d'humour, de dérision et de sensibilité du premier film de Valeria. Mon amie N., qui l'avait vu avant moi, m'en avait d'ailleurs parlé très durement: "Franchement, qu'elle arrête de faire des films et qu'elle aille voir un psy !"  Si je ne partage pas cette opinion très tranchée, je dois reconnaître qu'elle n'est pas non plus tout-à-fait sans fondement.

Naviguant entre la France et l'Italie et peuplé de personnages excessifs, aussi séduisants qu'insupportables, l'univers de Valeria Bruni-Tedeschi n'a rien perdu de son humour et de sa fantaisie. On rit très souvent, et de bon cœur.
Mais on s'agace aussi. L'argent dont l'héroïne se sent si coupable, qui coupe cette famille du reste du monde, passe mal. La réalisatrice avait parfaitement su transcender le poids des héritages familiaux dans son premier film; ici le propos se fait geignard et complaisant. Prompte à pointer les travers des autres, Bruni-Tedeschi s'incarne elle-même dans un personnage qu'elle dépeint avec beaucoup d'indulgence. Pour qui n'a pas grandi avec un Bruegel accroché dans le salon, le désintérêt est rapide et l'ennui gagne. Des problèmes de riches dont on se fout quand même pas mal...
Mais l'évocation de la maladie et de la mort du frère, traitée sans doute avec beaucoup plus d'authenticité, finit par réembarquer le spectateur vers la fin du film, dans un vrai moment d'émotion, cette fois très partageable. Que reste-t-il de nous ? Continue-t-on un peu à exister dans les lieux, dans les choses, dans les mémoires de nos proches ? Ou dans un arbre, qui sait ? J'ai beaucoup aimé ces questionnements qui m'ont réellement émue et m'ont réconciliée avec ce Château en Italie.




Valeria Bruni-Tedeschi fait montre d'un réel potentiel en tant qu'auteur et que réalisatrice, avec un ton très personnel et très identifiable. Mais sans doute a-t-elle épuisé les ressources du récit plus ou moins autobiographique. J'aimerais qu'elle parte maintenant dans une autre direction, plus inattendue et plus dangereuse. Elle en a le talent, mais en aura-t-elle le courage ?

Mais finissons avec Viva la pappa col pomodoro, cette chanson de Rita Pavone qu'on entend dans le film et dont on aurait tort de se priver !



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