lundi 5 mai 2014

Dramouss / Camara Laye

Dramouss
Camara Laye
1966


Je connaissais Camara Laye pour son ouvrage le plus célèbre, L'enfant noir, paru en 1953, dans lequel il raconte très joliment son enfance en Haute-Guinée. Je l'ai lu lorsque j'étais dans les petites classes du collège et en ai toujours gardé un souvenir assez fort. On retrouve dans Dramouss les thèmes chers à l'auteur guinéen: l'autobiographie, la connaissance de la culture traditionnelle africaine et les aspects politiques des premières années de l'indépendance, dans un roman multi-forme, plutôt indéfinissable.


Le narrateur, Fatoman, alter-ego de Camara Laye, retrouve sa Guinée natale après six années passées en France à étudier. Il raconte à la fois les retrouvailles avec les siens et avec un pays qui a beaucoup changé et, par le biais d'analepses, certains moments passés à Paris, entre dépaysement, misère et belles rencontres empreintes de solidarité. Cette partie de Dramouss, très intéressante et dans la lignée directe des souvenirs d'enfance de l'auteur, est celle qui m'a le plus convaincue.
Malheureusement, Laye s'égare vite dans des aspects trop divers, qui ont beaucoup de mal à cohabiter harmonieusement dans un si petit format: une légende traditionnelle racontée par un griot, des rêves peuplés d'allégories et une situation politique brossée en abusant des paraboles et du symbolisme, au point que la réalité des choses s'estompe de plus en plus. Même les opinions politiques de l'auteur manquent finalement de clarté. Ainsi, Dramouss, déesse aimée mais capricieuse, figure la Guinée, mais dit finalement très peu du pays.

Entre autobiographie, recueil de légendes traditionnelles et manifeste politique, le lecteur reste sur sa faim dans tous ces domaines et finit même par s'ennuyer. La déesse Dramouss manque vraiment de légèreté.

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