samedi 11 octobre 2014

Vente Larry Clark au Silencio

Club ultra privé de la rue de Montmartre conçu par David Lynch, le Silencio est un de ces lieux froids dont on se dit qu'ils ne résisteraient pas à la lumière du jour. Il accueillait début septembre une vente plutôt originale de clichés de l'artiste américain Larry Clark.




"[...] de nombreuses photographies couleur de l'artiste et réalisateur internationalement reconnu Larry Clark, en format 10 x 15 cm ou 13 x 18 cm, seront mises en vente pour ses fans au Silencio. Ces photographies font partie des archives personnelles de Larry Clark et ont été imprimées entre 1992 et 2010 dans des boutiques de tirages photos. Les mêmes qui aujourd'hui à l'heure du numérique tendent à disparaître. Son 70ème anniversaire lui fait prendre conscience des milliers de tirages qu'il a accumulé au cours de toutes ces années. Ces images-souvenirs témoignent des personnes avec lesquelles il a échangé: ses amis, les jeunes qui ont joué pour certains les premiers rôles de ses films, mais aussi la séance photo pour le calendrier de la marque Supreme. Des portraits uniques, des autoportraits. Larry Clark a décidé que le meilleur usage pour ces photos cumulées était de les rendre disponible à ses fans et aficionados afin que, pour une fois, ils puissent s'offrir une de ses œuvres.
La vente n'a eu lieu que dans deux villes: à New York à la galerie Home Alone II , puis à la galerie Simon Lee à Londres."

Larry Clark, artiste fasciné par l'adolescence trouble, s'est fait connaître en 1971 grâce à sa première monographie intitulée Tulsa, représentant des groupes de junkies de sa ville natale de l'Oklohoma. Le réalisateur de Kids avec Chloë Sevigny et de Ken park, entre autres, a envisagé cette vente comme un lègue à son public: "Il s'agit d'un juste retour pour tous les skateurs et fans qui souhaitent avoir un souvenir de moi. Je peux ainsi mourir heureux."

La vente en elle-même était plutôt pénible dans sa première partie: une longue attente sur le trottoir devant la cordonnerie voisine, puis dans les sombres salons prétentieux et bruyants où tous les employés parlaient anglais - bienvenue à Paris ! Mais une fois passée cette rude épreuve, on pouvait enfin pénétrer dans une petite pièce garnie de canapés, le Saint des saints. Et la rencontre avec les photos avait enfin lieu, autour de grands bacs de bois contenant, des centaines, des milliers de clichés que l'on triait, que l'on se passait de main en main.





C’était à la fois émouvant, amusant et étonnant.
La variété des clichés était saisissante: les obsessions de l'artiste bien sûr, le skate, la ville américaine, les portraits d'adolescents, les nus sexuels et sulfureux... Mais aussi des photos de vie, semblables à celles de tout un chacun, des bougies sur un gâteau d'anniversaire, un petit chien endormi sur une couverture, des dîners entre amis... Et même des photos ratées, surexposées ou carrément toutes blanches.
J'ai beaucoup aimé cette multitude pleine de vie et d'énergie.



Et tout particulièrement les quelques tirages issus des séances pour le calendrier Supreme. C'est l'un d'entre eux que j'ai choisi de rapporter avec moi en cassant ma tirelire.




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