dimanche 7 décembre 2014

Black Christmas & other horror stories

Le week-end de Toussaint, entre citrouilles et chrysanthèmes, nous a donné envie de (re)plonger dans les films d'épouvante, ce qui nous a permis de frémir durant quelques bonnes soirées et de (re)découvrir quelques classiques du genre. Le premier d'entre eux (et mon préféré), Black Christmas, fait parfaitement le lien entre le dernier Halloween et les réjouissances de Noël qui se profilent.


Black Christmas

Canada, 1974
Réalisateur: Bob Clark
Avec: Olivia Hussey, Keir Dullea, Margot Kider, John Saxon, Andrea Martin, Marian Waldman...




L'ambiance de Black Christmas est des plus réussies.
Les années 1970, Nous sommes sur le campus d'une université typiquement américaine, dans la maison d'une sororité. Entre couronnes de l'Avent et sapins enguirlandés plutôt kitsch, les filles s'apprêtent à partir pour les vacances de Noël, mais des coups de téléphone inquiétants et d'étranges disparitions vont les plonger dans l'angoisse et les isoler peu à peu.
L'esthétique n'a pas été sans me rappeler les films de Dario Argento, de même que le côté baroque et un peu barré, La folie, le monstre de l'intérieur et les interrogations d'une fin étrange, font de ce film une mosaïque captivante et plutôt effrayante.



Halloween

U.S.A., 1978
Réalisateur: John Carpenter
Avec: Jamie Lee Curtis, Donald Pleasence, Tony Moran, Nancy Loomis, Kyle Richards...


La nuit des masques se déroule plus traditionnellement la nuit d'Halloween, juste après qu'un dangereux psychopathe se soit évadé de l'hôpital psychiatrique pour revenir sur les lieux de ses méfaits passés.
Dans cette petite ville justement, quelques jeunes gens s'apprêtent à faire la fête.  La plus sage d'entre eux fait du baby-sitting, creusant une Jack o'lantern avec un adorable bambin. Mais l'assassin rôde et ne tarde pas à passer à l'acte, revêtu d'un horrible masque blanc inexpressif, qui le sépare encore un peu plus des êtres humains. Silhouette toute menue, Jamie Lee Curtis, en jeune fille rangée mais courageuse, est, elle, très expressive et très attachante. On tremble pour elle.
D'autant que le fantastique n'est pas très loin; derrière le masque blanc ne se cacherait pas en effet le terrible Bogeyman, comme le craignait le petit garçon ? Indestructible et prêt à revenir à la maison ?




It

Film TV en deux parties
U.S.A., 1990
Réalisateur: Tommy Lee Wallace
Avec: Tim Curry, Harry Anderson, Dennis Christopher, Richard Masur, Annette O'Toole,..


Adapté d'un roman de Stephen King, It se présente sous la forme de deux téléfilms retraçant chacun une période différente de l'histoire. Dans une petite ville des Etats-Unis, des catastrophes macabres et sanglantes se déroulent périodiquement tous les 30 ans, dans une indifférence anesthésiée et étrange.
Dans la première partie, à la fin des années 1950, des enfants disparaissent et sont retrouvés atrocement mutilés. Un groupe de gosses, un peu à part, malheureux dans leurs familles et moqués par leurs camarades, comprennent peu à peu qu'une force maléfique sévit dans les profondeurs de la ville. Sous la forme d'un clown terrible jouant sur les peurs les plus secrètes des individus, elle sème la mort et la désolation. Les enfants s'unissent afin de la déjouer, avec pour seules armes leur imaginaire de mômes.
Dans la seconde partie, les enfants ont grandi et reviennent en ville près de trente ans plus tard, car le monstre est revenu lui aussi. Et tous repartent au combat, face à un clown plus terrifiant que jamais.
J'avais vu cette adaptation lorsque j'étais adolescente, et je l'ai trouvé bien moins angoissante aujourd'hui. Si la première partie est assez réussie, avec un groupe d'enfants en prise directe avec leurs mondes oniriques, la seconde frise souvent le ridicule, les grandes personnes employant presque exactement les mêmes stratégies que lorsqu'ils avaient 10 ans. La partie "adulte" aurait vraiment gagné à ouvrir sur autre chose.
Mais reste que la figure du clown est mythique, effrayante et burlesque. Il paraît qu'elle reste toujours très inspirante... Le personnage est joué par Tim Curry, qui incarna un travesti bisexuel dans The Rocky Horror Picture Show.


The Texas Chaisaw Massacre

U.S.A., 1974
Réalisateur: Tobe Hooper
Avec: Marilyn Burns, Paul A. Partain, Allen Danziger, Gunnar Hansen, Edwin Neal, Jim Siedow...


J'ai achevé mon périple en terres d'épouvante avec le terrible Massacre à la tronçonneuse, classé X en France à sa sortie. J'étais d'autant plus effrayée que je l'ai vu au cinéma, à l'occasion de sa reprogrammation cet automne; dans la salle obscure, j'avais peur d'avoir vraiment trop peur !
Le film reprend certains traits du tueur du Wisconsin des années 1950, Ed Gein, qui a également inspiré le Norman Bates du Psychose d'Alfred Hitchcock. Mais Tobe Hooper ancre son histoire dans le Texas profond et dans la violence ordinaire de la société américaine de la guerre du Vietnam, puisque le film s'ouvre au son d'un journal radiophonique déversant son lot de barbaries quotidiennes.
Une bande de jeunes étudiants voyagent dans un van jusqu'à une maison de vacances perdue dans la campagne. Deux d'entre eux, un jeune homme en fauteuil roulant et sa sœur,  ont occupé cette demeure à plusieurs reprises lorsqu'ils étaient enfants. Malheureusement pour eux, les seuls voisins immédiats sont une famille de psychopathes sanguinaires: le grand-père, sorte de Nosferatu assoupi, le père, sadique et cruel, et les deux fils, un auto-stoppeur fou et un Quasimodo au masque de chair humaine maniant la tronçonneuse.
L'horreur est implacable et semble sans issue dans cette plongée dans la folie la plus inimaginable. Et cependant, le film ne manque ni d'humour, ni de distance, ni d'une bonne dose d'esprit critique. Ainsi la scène où le père, tout en conduisant et en lui susurrant des paroles rassurantes, donne des coups compulsifs à la pauvre jeune fille enfermée dans un sac à ses côtés. Et bien évidemment les chorégraphies totalement décalées - et plutôt belles, il faut l'avouer - du monstre et de sa tronçonneuse, prolongement de lui-même.
N'oublions pas non plus la performance devenue fameuse de Marilyn Burns, seule survivante, qui hurle sans discontinuer durant une bonne partie du film !
"Chacun y projette ce qu'il veut, dira Hooper, c'est un film si pur." (in L'OBS N°2607 du 23 au 29 octobre 2014.)





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